Je suis gay, qui suis-je ? >> C'est naturel ?

Question de genre, ou "l'hétérosexualité n'existe pas dans la nature !"

Nous - toi, moi, mémé, son chat, etc. - sommes toutes et tous né-e-s de la rencontre d'une cellule mâle et d'une cellule femelle, dans un utérus ou une éprouvette. Le "mâle" contient des cellules "femelles", et inversement.

À tel point que le mâle a même des tétons (deux en général). Pour quoi faire ? Troublant non ?

Cette évidence ne peut que fausser l'équation simplifiée qui sert plus ou moins de norme sociale selon les civilisations : garçon = actif = maître, fille = passive = soumise. Garçon + Fille => gosses. Fin ? La réalité est heureusement plus complexe !

 

  • Sexe, genre et fonction sociale

D'abord, précisons que la "sexualité" n'étudie pas que les cochonneries que l'on faisait l'été dans la grange de mémé avec le cousin ou la cousine. Pour simplifier, la sexualité morphologique distingue les filles des garçons (foufounes/quéquettes, etc.), mais chaque fille et garçon est aussi défini-e par un mélange de traits de masculinité et de féminité, c'est-à-dire par leur genre.

Le genre est donc totalement différent du sexe. Le "mélange des genres" au sein d'un individu lui donne toute sa personnalité.

Rares sont celles et ceux dont le genre est totalement masculin ou féminin (d’ailleurs, comment les définir ? Les définitions qu’on en donne ne sont-elles pas elles-mêmes socialement construites ?). On trouve parmi ces derniers ceux dont la différence entre le sexe corporel et le genre sont radicalement opposés : l'individu est transgenre. Il peut choisir alors de changer de sexe en cours de route : il sera alors transsexuel, et donc le transexuel peut « devenir »… hétérosexuel !

Maintenant, y a-t-il un rapport entre le genre et l’affinité amoureuse et sexuelle ? Justement, on ne sait pas, rien n'est moins évident. Il y a des gays, des hétéros, des bi, des hétéros-un-peu-homo, des homos-un-peu-hétéro... des gens très féminins ou très masculins ou très un-peu-des-deux. La bonne vieille identification de mémé garçon-aux-cheveux-longs = pédé / fille-en-pantalon = goudou est obsolète. Elle était nécessaire et visible à l'époque où le seul référentiel visible et reconnu était la folle et la camionneuse. S'identifier comme tel était la seule façon de se faire accepter et de crier sa révolte dans la société hétéro-normée d'avant 68.

La bisexualité inhérente à chacun d'entre nous explique cette variété ? Bin non.

 

  • Contexte socio-morphologique de la sexualité

L'association homme-masculin-chef / femme-féminin-soumise date de l'âge de Pierre, de Popole, et même d'avant encore. Elle était nécessaire à la survie de l'espèce, menacée par les microbes, les carnivores, les inondations, les hommes et les prémices de l'impôt sur le revenu (dirait Desproges).

 Citons comme relation "socio-morphologique" : l'acquitté du champ de vision périphérique, capacité toute "féminine" à protéger les petits des intrusions de sales grosses bêtes dans la grotte, douce grotte. À l'opposé, la qualité d'observation ponctuelle d'un objet fixe ou mobile est typiquement "masculine" et permet de repérer, suivre, viser une proie dans la terrible jungle inhospitalière.

Aujourd'hui, on dira que la "sensibilité féminine" permet de cerner la personnalité d'un inconnu en moins de dix secondes. Et que la "force "masculine" permet de cacher sa peur, ses doutes, et de vaincre l'adversaire. Qu'il soit boxeur ou vendeur de téléphone portable.

 Ces hautes considérations ne sont pas des justifications sexistes, mais bien la constatation d'une adaptation morphologique à l'établissement de la fonction sociale des sexes.

Conclusion : Jadis, sexe, genre et fonctions sociales formaient un tout à peu près homogène, traditionnel et nécessaire (Bobonne est à la cuisine, et à la casserole le samedi soir. Papa va scier du bois et dégommer des buffles). Aujourd'hui, des modes de vie moins simplistes, plus androgynes, apparaissent plus facilement. L'objectif du couple contemporain n'est plus toujours la famille et la procréation.

 

Les cellules sociales et les comportements sexuels

La nature déploie de nombreux modèles de cellule sociale au sein des sociétés dites évoluées. Longtemps censurées, difficiles à interpréter, les observations des comportements sexuels contraires à la "bonne morale puritaine" montrent que le "contre nature" en matière de sexualité n'a pas de sens !

Nos amis les animaux adoptent des comportements sexuels apparemment non "rentables" au sens de la survie et de la reproduction de l'espèce : polysexualité, polygamie, trios, etc. Bien que l'interprétation en soit très difficile, on peut néanmoins trouver ces comportements très utiles :

  • l'efficacité : 2 femelles et 1 mâle pour garder les petits, chasser.
  • la dé-frustration : l'orque chassé du harem se défoulera sur n'importe quel(le) congénère.
  • l'initiation : les biches, les éléphants s'excitent entre eux.
  • la ruse : un poisson mâle très rusé s'incrustera discrètement entre la femelle conquise et le pauvre mâle leurré !
  • la cohésion sociale : la société des singes, ou des dauphins, la plus évoluée.
  • le plaisir ! car les bébêtes savent aussi se faire plaisir !
  • et de on ne sait pas...

 

Preuves que l'homosexualité est bien 100% naturelle :

 NB : Les images qui suivent sont extraites (et librement annotées ;-)) d’un documentaire sur l’homosexualité animale, issu de la série Animaux trop humains, fruit du travail de Bertrand Loyer, Jessica Menendez et Stéphane Alexandresco.

Pas besoin de mec pour se poiler.
Pas besoin de mec pour se poiler.
 

L'homme descend du singe,
mais le singe ne descend pas toujours de la femelle.


Trio de canards et ses petits accompagnements.


Tout le monde peut se tromper, surtout si on aime ça.


Les queens de la jungle.


La fête des mères, entre-elles.


OOOOOUM ! le dauphin !


1 fille, 2 garçons, 0 possibilité ? (Kràmpack)

 

Ce documentaire met en lumière les comportements homosexuels qui existent dans le règne animal en liberté (excluant ainsi les animaux domestiques, captifs ou manipulés) et apporte ainsi une pierre à l’édifice dans le débat sur le côté « naturel » de l’homosexualité qui perdure dans la société.

 

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Mis à jour le 03/02/12 à 13:44