PREVENTION DU SUICIDE

    Le suicide chez les homos est un sujet assez peu traité par les médias. Il faut dire que cela touche à deux tabous, le suicide et l'homosexualité. Et pourtant, alors que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 12-25, un jeune gay a une probabilité treize fois plus grande de se suicider qu'un jeune hétéro du même âge. Il est donc important d'agir, d'abord en évoquant le problème puis en essayant de chercher des solutions. Encore faut-il avoir le courage politique de le faire... Heureusement les Etats-Unis sont plus avancés que nous sur le sujet, et des projets comme It gets better, soutenu par des membres politiques, ont pu voir le jour. En France on attend encore de voir un soutien assez grand de la part de nos élus, qui sont encore trop rares à évoquer la question.

 

Les racines d'un mal

    A l'adolescence, se sentir différent n'est déjà pas chose aisée. Mais quand votre environnement ne vous soutient pas ou vous harcèle, les choses se compliquent.

   Au collège ou au lycée, un gay est une victime facile, une source inépuisable de brimades et de moqueries. Et puis bon, quand vos parents vous disent qu'être gay c'est mal, vous mettez en application docilement ce qu'ils vous ont appris. Un enfant à qui l'on n'a rien dit sur l'homosexualité ne sera pas choqué de voir l'amour entre deux personnes, qu'elles soient de sexe différent ou non. Pas facile dans ce contexte d'avoir une image positive de soi, et de vivre ouvertement son homosexualité, car il est difficile de parler de quelque chose de personnel lorsque l'on pense que les autres la considèrent comme mauvaise. C'est pourquoi  certains gays choisissent l'option de l'homophobie, alibi facile pour éviter les accusations. A titre d'exemple, voici un lien qui présente le film Outrage, traitant de la question des sénateurs conservateurs américains fervent opposants aux droits gays mais menant une vie double dans le plus grand secret. Le visée du documentaire est peut être discutable mais il illustre bien les effets négatifs d'une négation de soi.

   Malheureusement, parfois la famille n'est pas non plus d'un grand soutien, et le rejet est une triste réalité. Car il est encore plus difficile d'accepter les différences au sein de sa propre famille, et que bien souvent les parents voient l'homosexualité de leur(s) enfant(s) comme une "erreur" de leur part, un manquement ou une erreur de parcours dans leur éducation, et ce en partie à cause des théories psychanalytiques qui expliquent l'homosexualité par ce biais là et qui restent bien présentes dans la conscience collective. Le vrai drame c'est aussi l'ignorance des parents, qui pas ou mal renseignés sur le sujet, notamment à cause des images biaisées de l'homosexualité véhiculées par certains médias, s'imaginent que leur enfant va devenir un marginal qui ne brillera jamais en société.

 

Comment s'en sortir

  Premièrement, dites-vous que lâcher prise ne ferait que donner raison à ceux qui vous en veulent. Ne leur donnez pas ce plaisir et cette satisfaction d'avoir réussi à vous faire du mal. Il est surtout très important d'en parler. Le plus simple est d'en parler à des proches en qui vous avez confiance et que vous connaissez depuis longtemps. Se confier permet de relâcher la pression interne qu'on subit en gardant ses secrets pour ça. Mais si vous n'avez pas de proches suffisamment dignes de confiance dans votre entourage, il existe aussi plusieurs associations et numéros d'écoute qui sauront vous écouter et vous apporter du soutien. Voilà les principaux : 

http://www.sos-homophobie.org/

 

la ligne Azur : http://www.ligneazur.org/

  Et concernant ceux qui ont été ou risquent d'être rejetés par leur famille ou mis à la porte de leur domicile, l'association Le Refuge, qui existe dans les principales grandes villes françaises, fournit un hébergement et se charge d'aider à la réinsertion sociale :

http://www.le-refuge.org/

 

Et enfin Contact, une asso qui cherche à faciliter les relations entre parents et enfants gays

http://www.asso-contact.org/

 

 Surtout, n'attendez pas que vos difficultés deviennent insurmontables pour chercher du soutien.

Mis à jour le 13/02/12 à 19:41